Une goutte le long de la fenêtre. Derrière, un paysage cerné par la pluie. La lumière du jour s'efface laissant à la nuit des ombres sans nom, inconnues. Morceaux de vie incarnés qui défilent devant mes yeux. Qui sont-elles ? Les unes s'engouffrent rapidement dans le lointain, les autres hésitantes s'arrêtent un instant, un instant seulement puis s'effilent à nouveau dans la foule, vers d'autres horizons. Une silhouette se dessine, se détache de la nuit sous l'éclairage impersonnel d'un candélabre. Elargissement du champ des perceptions, mon regard comme une loupe, puis l'objectif sur les contours de ce monde qui n'est pas le mien. Un visage, un corps, des gestes, une identité passée inaperçue si mon attention ne s'était pas fixée. Réflexion : toutes ces bulles d'existence qui défilent mais que nous ne voyons pas...Que de richesses perdues au fond...
Par athan
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Cependant les battements réguliers signalaient en elle-même la présence secrète et chaude d'un flux de sensations. Cela battait, cela luttait, cela se hâtait. Pour l'instant, c'était son corps à elle qui abritait la source de toute vie dans le monde, vie qui cherchait à s'extérioriser brusquement - ici, là - et qui se voyait refoulée...Il restait une grande marge dans la glace pour d'autres reflets (in V. Woolf "la traversée des apparences"
Hier, au fil des mots qui glissaient sur l'échine du temps, je me suis demandé : "paraître équivaut-il à disparaître ? Etre équivaut-il à naître ?" Sous la surface de la peau, des coeurs murmurent l'individu....
Par athan
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...la profondeur respire à la surface...
J. Cocteau
Par athan
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Il y a des jours comme ça, où les yeux écrasés de fatigue, vous traînez péniblement votre lourd tribut charnel jusqu'au café le plus proche ce, afin de permettre à l'aurore de percer paisiblement les brumes du sommeil dans lequel vous êtes englué. Vous imaginez déjà l'odeur enivrante d'un capuccino vous caresser les narines, les strates matinales dilapidant la nuit avec douceur, une ambiance silencieuse ne laissant traîner que quelques voiles sonores presque inaudibles - le bruit d'un morceau de sucre qui s'affale dans la tasse, celui d'un croissant qui se morcelle sous le poids des dents...
Mais voilà...
A côté de vous, une espèce d'énergumène excentrique et nombriliste répand bruyamment ses propos dans l'atmosphère, propos rythmés par des "je" et des "moi" à intervalles réguliers. Elle se met en scène, se revendiquant artiste dans un lyrisme verbal prétentieux. Tout y passe, l'enfance malheureuse, les expositions, et les théories selon lesquelles "la fidélité n'existe pas ; ceux qui la revendiquent n'aiment pas le sexe". Vous sursautez, hagard. Décidément, il est difficile d'obtenir une paix désormais récalcitrante et obsolète....les questions surgissent : faut-il nécessairement se démarquer pour être un artiste ? Si oui, de quelle manière ? Faut-il être narcissique pour être un artiste ? Si oui jusqu'à quel point ? Pollock disait un jour "les peintres ne sont plus obligés de trouver un sujet en dehors d'eux-mêmes. Ils travaillent à partir d'une source différente, ils travaillent à partir de l'intérieur".
Un artiste s'expose certes, mais peut-être le fait-il avec une certaine pudeur...? A méditer...
Par athan
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