Une femme sur un cube, allongée, la tête à l'envers, le corps sans force, écrasé par le poids de la gravité. La gravité ?...Du moment peut-être ? Moment informel de soi à soi. Où suis-je à l'intérieur de moi ? Frissons d'un désir indicible, celui de laisser couler ces longs pans sans vie le long des aspérités, glisser dans les cheveux de l'eau, de l'aube, chercher l'ego. Et se sentir libre. J'ai peur. Et si je me noyais ? Temps létal incertain, en suspens. Je m'assieds et laisse s'émouvoir mon visage happé par la couleur de l'été. Eté, était, j'étais...Mais où suis-je ? Une ombre au fond de l'épiderme humide. Flux et reflux de l'écume qui appelle l'écho...l'ego ? Elle ondule avec peine, irriguant les veines de mon envie...La rejoindre, me rejoindre. Enfin. Mais peut-être n'est-ce que mon reflet, reflet en rémission, sur le point d'éclater en une multitude de morceaux ? Effeuiller les strates qui recouvrent la distance. Si loin, si près...L'ombre surgit des mers, en sueurs. S'affale sur mon île. Est-ce si éprouvant d'être soi ? Je la regarde, hypnotisée. Me fondre en elle, ne faire qu'un....avec moi-même sans doute. Au loin deux silhouettes qui s'entrelacent, s'entre-cassent, respirent, soupirent, s'oublient et disparaissent...Et mon cube, comme un radeau en dérive se leste de l'inconnue venue du néant, me laissant choir dans cet espace accablant. Troublant...Trou béant. Où est mon intérieur ?
