19 juin 2008...le retour ?
 

Bref...

Athan...une ombre parmis les ombres qui écoute et regarde le monde tourner : bruissements de vies prises au dépourvu, en silence

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Lundi 28 août 2006

suite de l'article du 28.05.2006... 

 

Assise sur les marches de la vie, elle scrutait le lointain qui délimitait ce qui un jour avait été infini. Devant elle, un tapis de fleurs entièrement dédié à l'arrivée prochaine du printemps. En elle, l'hiver qui recouvrait d'une pellicule de neige ses espoirs autrefois colorés.

 Alors que le ciel orphelin du soleil s'accommodait de la présence des étoiles, son ombre se perdait lentement dans les contrées de l'abandon de soi. Contours qui semblaient naviguer sur un radeau fait de rondins mal agencés et prêts à se défaire à tout instant. 

 

 

Elle longeait le chemin qui bordait les rives d'un territoire aux frontières floues, dans lequel n'était incrustée aucune ligne d'horizon aussi insoutenable soit-elle. Son regard se laissa emporter par le flot, s'arrêtant ici et là, sur le reflet d'un arbre esseulé, sur le vrombissement tourbillonnaire de l'eau.

Elle se contentait d'évoluer au bord du monde, en parallèle. Jamais elle n'avait pu véritablement l'atteindre, poser sa main dans la sienne et sentir la pression d'une présence tant attendue. De loin, elle l'observait, avidement, saisissant la moindre de ses particules, tentant de cerner cet étranger empli de mystères. Le monde...Un souffle silencieux qui l'effrayait, au fond...

Mercredi 16 août 2006

Zao

Peindre, peindre,
Toujours peindre
Encore peindre
Le mieux possible, le vide et le plein
Le léger et le dense
Le vivant et le souffle
                                     Zao Wou-ki

 

Zao Wou-ki, peintre-poète d'un autre temps, d'une autre dimension a su unir l'héritage artistique extrême oriental à l'abstraction lyrique* dans un mouvement émotionnel et sensible très particulier, intense. Formé à la calligraphie traditionnelle dans la plus pure tradition chinoise, c'est-à-dire avec toutes les restrictions qu'elle impose, Zao Wou-ki élargit rapidement son champ d'investigation en prenant le risque de se mettre en porte-à-faux avec les grands maîtres de son pays. Il ose la couleur, l'huile, les grands formats, laissant glisser au fil de son pinceau les rêves et les sensations qui peuplent son monde imaginaire. Il distille ses couleurs au rythme de ses pulsations intérieures, laissant l'inspiration dessiner la trajectoire du trait. Celui-ci parfois descendant, parfois prenant l'entière horizontalité en otage laisse transfigurer l'indicible relief de l'âme.

Zao Wou-ki fait danser sa peinture et, dans cet élan, offre aux spectateurs un espace scénique allégorique pour que leurs propres fantaisies puissent à leur tour s'exprimer. Il évite ainsi tout titre évocateur risquant d'emprisonner ses œuvres dans une signification restreinte et se contente donc, la plupart du temps, de marquer uniquement les dates du travail accompli. Ses surfaces picturales, d'où jaillit l'effervescence de la lumière, évitent l'écueil d'un cadre facilement imposable ; la liberté de chacun parcourt à travers un œil scrutateur la diversité de la matière et de l'épaisseur. Et l'auteur se dissout derrière la toile, disséminant sur son chemin une résonnance intérieure qui inspire la contemplation et le retour sur soi.  

Paysages silencieux ébauchant les réminiscences inaudibles des profondeurs de l'être, l'œuvre de Zao Wou-ki s'écoule à l'intérieur, de l'intérieur bannissant toute limite entre la réalité du dehors et celle du dedans. On dit en Chine d’une peinture réussie qu’elle est magique. Celle de Zao Wou-ki l'est, assurément…

*(peinture s'opposant à l'abstraction géométrique issue d'une construction rationnelle et s'inspirant de formes simples telles que cercles, lignes droites, carrés, etc…L'abstraction lyrique fut à l'époque une nouvelle façon d'appréhender les couleurs et la lumière en laissant tomber la dimension formelle et en pénétrant davantage les strates du vécu émotionnel)

Dimanche 6 août 2006

La liberté ignore les serrures du temps et de l'espace. Pour traverser les murs, il suffit d'ouvrir les portes, ouvrir les ailes, ouvrir les rêves...

Jacques Savoie

par athan publié dans : Photo
Jeudi 6 juillet 2006
Il faut le dire, les Londoniens sont définitivement et anatomiquement radicalement différents de l'incorporation charnelle dont je présume faire partie. Il est étonnant comme un petit (petit oui parlons-en) organe discret et insignifiant comme la vessie peut réellement faire prendre conscience que les Anglais ont le tunnel sous la Manche EUX, alors que les Genevois n'ont que des petites passerelles pour piétons...Allez savoir pourquoi, mais il semble y avoir un lien très clair entre ces tentatives comparatives. Imaginez une petite Suisse n'ayant plus en tête que de se précipiter dans n'importe quel tea-room du coin pour enfin soulager ce poids incommensurable qui se précipite dans le bas ventre. Mais voilà, pour bénéficier des lavabos, il faut consommer et digne de vieilles habitudes ancrées depuis des années, vous murmurez inconsciemment mais non sans peine "one coffee, please", le regard crispé, l'âme essayant de sublimer cette pression redoutable. Or, il se trouve que cette boisson demandée sans précision aucune, vous arrive sous forme de "café-baignoire" qu'il va vous falloir ingurgiter et placer là où justement il n'y a plus de place...Miséricorde....Votre espoir fou se porte alors sur cette porte salvatrice dont vous n'avez pas encore repéré la présence et un nouveau plan se dessine dans les tréfonds de votre imagination : toilettes, café et re-toilettes puis enfin cette image idyllique de vous, trottant comme une gazelle dans les rues de Londres....Cependant...et comble de malheur, les cafés restent des baignoires à vider, mais les WC restent des chimères à créer...Brusque retour dans une réalité à peine soutenable, sourire vissé sur un visage blême de stupeur, il ne vous reste qu'une solution : entrer dans le pub le plus proche, commander n'importe quelle bière et trouver ce lieu devenu magique, fantastique voire fantasmagorique. Votre quête du Graal..Ce qu'on oublie, c'est que les bières se distribuent sous forme de pinte, alors vous n'êtes pas encore sorti de l'auberge si je puis dire !
 

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