Il est des relations sillonnent les méandres de votre quotidien, déterminées à laisser une empreinte émotionnelle profonde. Pulsations d'un lien qui injecte des fibres de douceur colorée dans le tissu de votre coeur.
Mais il est également des relations qui s'effondrent tel le souffle du vent subitement happé par la lourdeur de l'été. Au détour d'un temps suspendu, le regard saisi par une feuille desséchée roulant sur l'eau devenue trouble, vous laissez se distiller, dans des longueurs éternelles, une proximité nostalgique. Condensation d'un lien qui éjecte des fibres de candeur décolorée hors du tissu de votre coeur.
Parfois ces individus de proximité ont transporté leurs chairs dans d'inconnus espaces, mais ces résidents d'autres lieux ne cessent de recueillir la sensation de votre présence en leur demeure...Et vous, vous arrosez les fleurs de leur souvenir avec une tendresse infinie...Même vêtue d'un manteau silencieux, l'attache survit, l'attache sourit....Mais parfois...parfois ceux qui peuplaient votre terre s'en retournent, se détournent, vous laissant choir quelques instants sur les restes de confiance maintenant profanée...Une main amie qui, d'un simple revers, claque ses phallanges le visage de la poésie. Mais faut-il pour autant ne plus croire aux étoiles ?
My blossoms are falling
What a strange feeling
When it's so early in the year
As soon as they are flowers
They go and leave for ever
Sweet blossom
Where is your tree ?
They are too far from here now
They'll never come back
Automn ain't springtime I guess
The seasons are lazy
It's driving me crazy
Sweet blossom
Where is your tree ?
Their hapiness will shine
Their hapiness will grow
And I hope you don't mind if I let them go
Paroles d'Emilie Simon
Lumière profuse ; splendeur. L'été s'impose et contraint toute âme au bonheur.
Il y a ce vent qui effleure un visage comme la caresse infime d'un regard bienveillant. Il y a le souffle du printemps qui dérive dans les espaces lointains des âmes sans nom. Il y a un rire en écho qui s'infiltre comme un frémissement hors saison. Il y a la ville qui exhale les parfums d'individualité. Il y a la vie qui exile ses fleurs dans la profondeur de l'être. Horizontalité des émotions qui tracent leurs sillons dans l'infini intime. Et les éclats de l'aube se reflètent sur la face du monde...


d'après Enda Walsh, mise en scène E. Devanthéry,avec Rachel Gordy et Nicolò Abbate
2-6 septembre, Festival de la Bâtie 2006 http://www.batie.ch/programme.php?id=020722
